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Homélies

Dimanche 22 mars 2009

Cette page est en construction. Vous y trouverez des propositions d'homélies dites par des Diacres et des Formateurs au Séminaire.

 

IV° DIMANCHE DE CAREME (B)

Grand Séminaire Jean-Paul II

 

 Chers confrères et chers séminaristes,

Avec cette liturgie, nous sommes arrivés à mi-parcours de notre cheminement pénitentiel, résolument orientés vers Pâques. Même la liturgie de ce temps fort de Carême laisse de côté le langage austère de la pénitence pour nous inviter plutôt à un climat de joie comme le récite d’ailleurs l’antienne d’ouverture : « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez… ». Joie et Amour ou Joie et Bonheur (J.A//J.B).

En ce 4° dimanche de carême donc, les thèmes des textes liturgiques proposés surabondent, en dehors même du thème classique traditionnelle de la joie rattaché à ce dimanche. Nous pouvons méditer par exemple sur le voir, la vision, la lumière, le don et l’amour…

Lorsque nous ne connaissons pas et ne comprenons pas quelqu’un, que ce soit un frère ou une sœur, même les meilleures initiatives venant de lui ne sont jamais bien accueillies. S’il en est ainsi pour le frère que je voie, imaginons ce que ça peut être pour Dieu que nous ne voyons pas. Lorsque nous ne comprenons pas Dieu, ce qu’il est pour nous, nous ne pouvons pas l’accepter même dans ses initiatives en notre faveur. Il nous est même difficile de voir tout le positif qui peut émerger, qui peut sortir de sa proximité avec nous et pour nous.

Ainsi dans la première lecture du second livre des Chroniques il ressort que généralement, lorsque quelque chose de grave ou de catastrophique survient, la faute est toujours attribuée à Dieu et rejetée sur Lui, parce que pensons-nous qu’il se venge et nous punit. Cette une pensée courante. Mais lorsqu’on accepte de faire un retour intérieur sur soi et sur les événements, on se rend compte qu’à la racine du mal, il y a toujours une trame humaine.

Permettez que je raconte cette anecdote que je veux intituler « Dieu a tant aimé le monde mais en retour ne reçoit qu’indifférence, mépris, accusation… » Et nous aujourd’hui, sommes-nous décidé à mettre vraiment Dieu au cœur de notre vie ?

 « La fille d’un prédicateur réputé a été interviewé dans un tolk-show télévisé et l’animatrice lui a demandé :

‘Comment Dieu a pu laisser une telle horreur se produire ? (s’agissant des événements du 11 septembre)’. Cette jeune fille a donné une réponse aussi profonde que perspicace.

‘‘Je crois que Dieu a été profondément attristé par tout ça, au mois autant que nous, mais depuis des années nous lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de nos gouvernements et de sortir de nos vies.

En tant que ‘gentleman’ il s’est calmement retiré. Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donnera sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu’il nous laisse seul ?’’

Concernant les récents événements, attaques terroristes, tueries dans les écoles, guerres, etc., je crois que tout a commencé avec Madeleine Murray O’Hare qui s’est plainte de ne plus vouloir de prière dans les écoles. Nous avons dit OUI.

Puis un autre a dit que nous ne devrions pas lire la Bible à l’école, la même Bible qui enseigne ‘tu ne tueras point, tu ne voleras point, aime-toi toi-même’ et nous avons dit OUI.

Ensuite, le Dr Benjamin Spock a dit que nous ne devrions pas taper nos enfants quand ils agissent mal car leur petite personnalité serait faussée et nous pourrions altérer leur estime personnelle.

Le fils du même docteur s’est malheureusement suicidé. Ils disent qu’un expert devrait savoir de quoi il parle, peu importe ce qu’il nous dit et nous avons dit OUI.

Maintenant, nous nous demandons pourquoi nos enfants n’ont pas de conscience, pourquoi ils ne font pas la différence entre le bien et le mal, et pourquoi ils peuvent sans émotions tuer un étranger, un parent ou eux-mêmes.

Probablement qu’à force de profondes réflexions, nous en viendrons à la conclusion que ça a à voir avec le principe de ‘récolter ce qu’on a semé’. (Ce principe est valable pour nous aussi aujourd’hui dans notre maison, institution).

C’est drôle de voir à quel point il est simple pour les gens de jeter Dieu hors de leur vie et se demander ensuite pourquoi leur monde devient un enfer ! De voir à quel point nous croyons tout ce que les journaux ou la TV disent et remettons en question tout ce que la Bible dit, tout ce que l’Eglise recommande à travers son magistère. Dieu a-t-il vraiment sa place dans ma vie ?

 Revenons simplement à notre texte des Chroniques !

 Il y a notre refus délibéré du plan de Dieu, notre rejet systématique parfois, de son projet sur l’humanité. L’excès même dans le bien-être finit par aveugler l’homme et le psaume 48 nous le rappelle : « L’homme comblé ne dure pas : il ressemble au bétail qu’on abat » (v. 13). « L’homme comblé qui n’est pas clairvoyant ressemble au bétail qu’on abat » (v. 21). La multiplication des infidélités de la part d’Israël, la profanation du Temple, le mépris et moquerie affichée vis-à-vis de ses avertissements transmis par ses messagers, le mépris systématique des paroles du Seigneur lui-même. Ce sont là certains de nos comportements aujourd’hui encore vis-à-vis de notre Dieu.

Toutefois, ce qui surprenant, c’est que malgré tout, ce Dieu ne cesse de s’occuper de son peuple. Il sait se servir de chaque événement pour nous lancer son message d’admonition, de réconfort, d’encouragement et d’appel au changement de notre vie, appel à la conversion. C’est comme ça qu’il met en œuvre pour nous, sa miséricorde. Et ce qui me revient alors n’est autre que ce questionnement : Qu’est-ce que Dieu veut me dire dans tel événement de mon parcours d’homme, aussi douloureux soit-il ?

Certes ! Dieu ne veut pas la mort de l’homme, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Nous devons en être tous conscients.

Voilà pourquoi St Paul nous le rappelle avec force et raison dans la deuxième lecture (Epitre aux Ephésiens 2,4-10) que « Dieu est riche en miséricorde ». Même nos laxismes et lâchetés ne seront jamais un frein à cet amour fou qu’il a de l’homme et pour l’homme. Et la preuve concrète que Dieu ne veut pas la mort des hommes, c’est tout ce qu’il a prévu pour eux : « A cause du grand amour dont il nous a aimés,… ».

A travers Jésus, le salut nous rejoint et la résurrection nous introduit dans son règne. Tout ceci seulement par pur amour et sans rien demander en retour. Oui, rien en nous ne peut exiger cette bonté miséricordieuse de Dieu en notre faveur, c’est par pur grâce, ‘la richesse infinie de sa grâce’. C’est la gratuité de son don qui prend notre misère en charge dans la personne de son fils Jésus. Ce qui doit être à la base de la joie du chrétien aujourd’hui, c’est cet amour fou de Dieu, ce grand amour qui le meut et que l’Evangile de Saint Jean vient nous confirmer. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique ».

« Dieu a tant aimé le monde… ». Cette ritournelle de Saint Jean doit continuellement alimenter notre méditation. Oui, ce monde, Dieu l’a aimé quand, après lui avoir donné l’existence, il l’a approuvé comme « une chose bonne » « Et Dieu vit que c’était bon, c’était beau ».

Ce monde, il l’a aimé même quand l’homme, s’illusionnant d’atteindre la grandeur à travers l’autosuffisance ou l’indépendance, a considéré Dieu comme son rival, son ennemi, et la loi divine comme un empêchement, une obstruction...

Dieu a tant aimé le monde (c’est-à-dire l’humanité pècheresse) en voulant et en opérant pour son salut dans le don de son fils unique (nous renvoyant ainsi au don de l’unique d’Abraham, à savoir Isaac). Non seulement Dieu veut la vie du monde, mais c’est pour cette vie même qu’il donne ce qu’il a de plus cher, il s’est donné lui-même dans le don de son fils unique.

La radicalité de ce don est évidente et explique la certitude/confiance qui doit nous faire vivre : « Il n’a pas épargné son propre fils mais il l’a donné pour nous tous, comment ne nous donnera t-il pas toutes choses en Lui » (Rm 8,32).

A ce don de Dieu, l’homme doit répondre avant tout avec foi, c’est-à-dire l’accueil du don. Croire en l’amour de Dieu, contempler avec amour le fils élevé sur la Croix, se laisser aimer par Dieu pour qu’il nous pénètre, purifie nos pensées, nos choix et les transforme. C’est ce qui nous est demandé « afin que quiconque croit en lui ne meurt pas mais ait la vie éternelle » (Jn 4,14).

 

Noël Quesson écrit lui aussi :

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique

« De nos jours, beaucoup sont tentés par une sorte de pessimisme : ‘le monde est pourri… il n’y a rien à faire…’ Morosité, malaise, dont les justifications ne manquent pas, hélas, pour tout home lucide : violences, prises d’otage, égoïsmes collectifs et individuels, bassesses de toutes sortes, dépravation morale, perte de la conscience professionnelle, exploitation de l’homme par l’homme, abus des mensonges idéologiques ou publicitaires, matraquages de l’opinion publique, désenchantement, etc. Dieu lui aussi, voit tout cela ! Et pourtant, il aime ce monde, il ne se résigne pas à son mal, il veut le sauver. Dieu nous prend à contre-pied. Ce monde qui nous paraît parfois si moche, si mal fait, Dieu l’aime. Dieu est passionné par sa Création inachevée, qu’il est en train de conduire jusqu’à la perfection… Le monde n’est pas absurde. Si nous adoptons le regard de Dieu, un ‘regard d’amour’, alors, au lieu de continuer à gémir, nous allons donner notre vie, à notre tour, pour nos frères ».

Oui, à chacun de savoir continuer de contempler cet amour de Dieu dans sa propre vie. Passe-t-il par un moment d’épreuve ou de joie, qu’il ait le courage d’élever les yeux, le regard du cœur vers le Prince de la Paix, hissé/élevé sur la bois de la Croix, « sommet de douleur et de mort » mais également « sommet de révélation de l’amour infini » dont Dieu ne cesse de nous accompagner jour après jour pour que notre résurrection soit effective et définitive.

La souffrance ni la mort n’auront jamais le dernier mot parce que Dieu est amour et justement son amour est infiniment plus grand que nos misères.

P. Godfroy K. KOUEGAN-ABBEY

Recteur.

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
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