Le Togo réévalue son PIB et définit une nouvelle année de base

La République togolaise dispose officiellement d’une nouvelle date de base pour son PIB (Produit Intérieur Brut). Réuni jeudi en Conseil des ministres, le nouveau gouvernement, Victoire Dogbé en tête, a adopté les résultats des travaux de rebasage.
Le 15 octobre dernier, le pays annonçait le rebasage de son Produit Intérieur Brut, lequel a bondi de près de 42 %. Une opération permettant au Togo d’accroître ses capacités d’investissement et d’adapter son PND à la réalité sociale et économique.
Avec environ 4 200 cas déclarés, soit 8 cas pour 200 000 habitants, la République togolaise a été jusqu’à maintenant épargné par la pandémie mondiale de coronavirus (apparu en décembre dernier en Chine, principalement à Wuhan). Un miracle qui ne s’est pas malheureusement produit sur le plan économique. Le nouveau gouvernement du Togo a dû ainsi revoir le taux de croissance de son Produit Intérieur Brut à la baisse pour l’an 2020. Pas si mal, certes, à l’égard de la régression qui frappe aujourd’hui la planète et la majorité des économies de la région. Mais les prévisions du PND 2019-2023 en sont globalement bouleversées. A trois ans de l’échéance de ce plan stratégique destiné essentiellement à transformer l’économie togolaise pour une croissance créatrice d’emplois pour tous, inclusive, résiliente, durable et forte, ses auteurs vont cependant devoir déployer de nouveaux trésors de modélisation. La réévaluation induit une amélioration au niveau de divers critères de convergence.
Le Togo rejoint ainsi des pays comme le Kenya, la Gambie, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, la Sierra Leone, le Bénin, le Ghana ou le Nigeria, qui ont aussi redéfini une nouvelle année de base et révisé les méthodes de traitement de leurs comptes nationaux. Une réunion devrait être organisée dans les prochaines semaines par les gouvernements, pour mieux expliquer les enjeux et les contours de ce rebasage.

      Togo : le ‘PND’ rénové

Le CCP (Cadre de partenariat pays), lancé pour couvrir la période 2018-2023 et doté d’un portefeuille de plus de 450 milliards de dollars, est en passe d’être révisé. Il devrait ainsi être prolongé jusqu’en 2023. “On va opérer les ajustements essentiels afin de renforcer cet alignement particulièrement en prenant en compte les priorités définies dans le Plan National de Développement et également en étendant la période du CCP jusqu’en 2023”, a ajouté David Malpass, le président du groupe de la Banque Mondiale.
Des réajustements devenus essentiels à l’aune du PND, une feuille de route quinquennale définissant un nouveau paradigme, vision qui nécessite une très forte contribution du secteur privé.